Surprendre (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme PRENDRE.) Prendre quelqu'un sur le fait, le trouver dans une action, dans un état où il ne croyait pas être vu. "Surprendre un voleur qui force un secrétaire. Je l'ai surpris à me dérober de l'argent. On l'a surpris en faute, en flagrant délit. Je l'ai surpris lisant la lettre qu'il disait n'avoir pas reçue."
Il signifie encore Prendre à l'improviste, au dépourvu. "Nos soldats ont surpris l'ennemi. La ville a été surprise. J'ai été le . Le sage n'est jamais surpris par les événements."
Il signifie aussi Arriver auprès de quelqu'un sans être attendu. "Il surprit son ami qui le croyait loin de Paris. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps, j'irai le un de ces matins."
Il se dit également des Choses auxquelles on ne s'attendait point, le plus souvent des choses désagréables et qui traversent nos desseins. "La pluie nous a surpris. La nuit nous surprit en chemin. La mort le surprit au milieu de ses projets."
Il signifie aussi Tromper, abuser, induire en erreur. "Il s'est laissé à cet air de candeur, par cet air de candeur, à ces promesses, par ces promesses. Surprendre la bonne foi, la crédulité, l'ignorance de quelqu'un. Il a surpris la religion de ses juges."
Il signifie encore Obtenir frauduleusement, par artifice, par des voies indues. "Il a surpris mon consentement, ma signature."
"Surprendre des lettres, une correspondance," Les prendre furtivement, les intercepter. "Une lettre adressée à un des conspirateurs fut surprise."
"Surprendre la confiance de quelqu'un," La gagner par artifice.
SURPRENDRE signifie aussi Remarquer des actions, des gestes qui échappent à quelqu'un. "J'ai surpris ses soupirs, ses larmes qu'il voulait me cacher. Je me suis surpris à pleurer comme un enfant. Je me surprends à rire de ses bouffonneries."
"Surprendre le secret de quelqu'un," Découvrir son secret par habileté ou par hasard.
SURPRENDRE signifie encore Étonner, frapper l'esprit par quelque chose d'inattendu. "Cette nouvelle m'a extrêmement surpris. Cette conduite me surprend. Vous me surprenez beaucoup en me disant cela. Je fus bien surpris de sa réponse."
Le SURPRIS s'emploie adjectivement. "Il a été tout surpris de voir que l'on connaissait déjà cette nouvelle."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Prendre, saisir une chose à l'improviste.
CORN.: « On amorce le monde avec de tels portraits ; Pour les faire on les apporte exprès ; On s'en fâche, on fait bruit, on vous les redemande, Mais on tremble toujours de crainte qu'on les rende »
    Fig.
SÉV.: « Je voudrais que vous et M. de Grignan eussiez pu voir l'admiration naturelle dont il [Faucher] fut surpris [en voyant le portrait de Mme de Grignan] »

 2   S'emparer par une attaque inattendue.
BOSSUET: « Ptolomée, fils de Lagus, surprit Jérusalem, et en emmena en Égypte cent mille captifs »
FÉN.: « Ces barbares, qui espéraient de la ville, furent eux-mêmes surpris »
    Fig.
VOLT.: « Son âge [de Palmire], sa candeur ont surpris ma tendresse »
    Attaquer celui qui n'est pas sur ses gardes.
BOSSUET: « Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris »
FLÉCH.: « Comme il avait affaire à des ennemis qui se dispersaient et se ralliaient à tous moments pour le , il résolut de les eux-mêmes »
RAC.: « Le tyran m'a surpris sans défense et sans armes »

 3   Arriver auprès de quelqu'un sans être attendu.
CORN.: « Dedans mon cabinet ils pourraient nous ; Ici nous parlerons en plus de sûreté »
RAC.: « Mais parliez-vous de moi quand je vous ai surpris ? »
LESAGE: « C'est donc ainsi que vous surprenez les gens ? qui vous croyait à Paris ? »
BARTHÉL.: « Nous étions si près de lui [Aristote] et nous avions été si longtemps sans le voir, que nous résolûmes de l'aller »
    Terme de manége. Surprendre un cheval, se servir trop brusquement des aides ; l'approcher à l'écurie sans l'avertir.

 4   Saisir à l'improviste Je l'ai surpris à me dérober de l'argent.
BOSSUET: « Jésus-Christ a fait selon sa parole : il est venu la reine dans le temps que nous la croyions la plus saine, dans le temps qu'elle se trouvait la plus heureuse »
BOSSUET: « Merci, que le prince de Condé et le vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier »
FONTEN.: « Il surprit la nature sur le fait »
ROLLIN: « Daniel fut surpris lorsqu'il faisait ses prières ordinaires, le visage tourné vers Jérusalem, et il fut jeté dans la fosse des lions »
GENLIS: « Qu'elle vous surprenne souvent priant Dieu »
    Fig. Surprendre dans les paroles, essayer de trouver dans les paroles de quelqu'un de quoi le convaincre, le condamner.
SACI: « Les pharisiens, s'étant retirés, firent dessein entre eux de le [Jésus] dans ses paroles »

 5   Il se dit des choses qui saisissent tout à coup, attendues ou non.
CORN.: « Ma perte m'a surprise, et ne m'a point troublée »
LA FONT.: « La mort ne surprend point le sage ; Il est toujours prêt à partir »
BOSSUET: « Ni les maux que la reine d'Angleterre a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage »
GENLIS: « La nuit l'eût surpris plongé encore dans la rêverie, si dom Narcisse ne fût venu lui-même le chercher »
    Il se dit particulièrement d'un mal qui arrive inopinément. Il a été surpris d'une attaque de goutte.
CORN.: « Il [Pompée] soupçonne aussitôt son manquement de foi [de Ptolémée], Et se laisse à quelque peu d'effroi »
BOURDAL.: « Combien ai-je connu dans le monde de personnes qui ont été surprises de la mort ! »

 6   Déconcerter, prendre par surprise.
MASS.: « C'est ainsi que, confondant nos conseils, surprenant nos désirs et anéantissant nos espérances, vous [ô Dieu] affermissez notre foi »

 7   Induire en erreur, tromper.
SACI: « Celui qui a été surpris aura une grande adresse pour ne l'être plus »
BOSSUET: « Il n'y avait rien de plus difficile ni de plus hasardeux que de ce grand magistrat »
FLÉCH.: « Il [Théodose] se laissait quelquefois ; et, quoiqu'il eût les intentions bonnes, il était capable de faire de grandes fautes »
LESAGE: « Tout jaloux, tout défiant qu'il est, je suis plus difficile à que lui »
J. J. ROUSS.: « Paraître encore l'ami d'un homme quand on a cessé de l'être, c'est se réserver des moyens de lui nuire, en surprenant les honnêtes gens »
    Il se dit des choses en un sens analogue.
CORN.: « Les pleurs de Sophonisbe ont surpris ma raison »
FLÉCH.: « Ce jugement si éclairé et si incapable d'être surpris »
RAC.: « On peut des plus grands rois la justice »
ROLLIN: « On aime mieux parler à l'imagination qu'au jugement, éblouir la raison que la convaincre, son approbation que la mériter »
MASS.: « Assuérus ne crut pas déroger à la majesté de l'empire en déclarant, même par un édit public, que sa bonne foi avait été surprise par les artifices d'Aman »
MONTESQ.: « Il fallait la vigilance de ses gardiens »
    Absolument.
MASS.: « Les justes sont plus exposés à être surpris, parce qu'ils ignorent eux-mêmes l'art de »
VOLT.: « Le génie du ministre italien [Mazarin] était de vouloir ; celui de l'Espagnol était de s'empêcher d'être surpris »

 8   Obtenir frauduleusement, par artifice, d'une manière indue. Il a surpris ma signature, mon consentement.
RETZ: « Le premier président parla fort hardiment contre cette manière de mener le roi au palais pour et pour forcer la liberté des suffrages »
QUIN.: « Pour ne vous pas un choix précipité, Je veux bien vous laisser en pleine liberté »
VOLT.: « Ce marchand, étant banni de la république [de Genève].... surprit un passe-port de M. le commandant de Bourgogne, et entra dans Genève à la faveur de ce passe-port »
    Surprendre des lettres, les intercepter, les prendre furtivement.
DUCLOS: « Les plaintes du roi [Louis XI] contre le duc de Bourgogne étaient d'autant mieux fondées, qu'on avait surpris la lettre qu'il écrivait aux Anglais »
A. DUVAL: « Lisez cette lettre que ma mère me montra hier, et que j'ai su lui ce matin »
    Surprendre le secret de quelqu'un, découvrir son secret par adresse ou par hasard.
RAC.: « Surprenons, s'il se peut, les secrets de son âme »
GENLIS: « Songez que vous avez surpris mon secret, et que vous ne devez pas en abuser »
    Surprendre la confiance de quelqu'un, la gagner par artifice.
    Il se dit de tout autre sentiment Dans les pertes médiocres, on surprend ainsi la pitié des auditeurs, FLÉCHIER, Turenne Une autre de César a surpris la tendresse, RAC. Brit III, 4.
BARTHÉL.: « L'exagération du mal ne produit que le mépris, celle du bien surprend l'estime »

 9   Il se dit des actions, des gestes qui échappent à quelqu'un, et qui font découvrir malgré lui ce qu'il pense, ce qu'il éprouve.
CORN.: « Quand j'ai voulu parler contre ce coeur sans foi, Et qu'à cette infidèle imputant sa misère, J'ai cru un mot de haine ou de colère.... »
RAC.: « N'ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ? »
RAC.: « J'ai surpris ses soupirs qu'il me voulait cacher »
    Surprendre à quelqu'un un moment de faiblesse, apercevoir en lui un moment de faiblesse.

 10   Faire éprouver le sentiment de l'inattendu, étonner.
CORN.: « Je veux bien vous l'apprendre, Et vous en donne avis pour ne vous pas »
BOSSUET: « La cour, qui lui préparait à son retour les applaudissements qu'il méritait, fut surprise de la manière dont il les reçut »
RAC.: « Que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie ? »
VOLT.: « Ce crime dans Assur n'a rien qui me surprenne »
    Absolument.
PASC.: « Les âmes propres à l'amour demandent une vie d'action qui éclate en événements nouveaux.... la vie de tempête surprend, frappe et pénètre »
VOLT.: « Au temps de Balzac, de Mairet.... on applaudissait à toute pensée qui surprenait par des images nouvelles qu'on appelait esprit »

 11   Faire une surprise.
SÉV.: « Je sais qu'il souhaite de vous faire ce plaisir, il aime à agréablement »
SÉV.: « Sa Majesté eut contentement ; il voulait , et tout le monde fut surpris »
    Surprendre de quelque chose, faire une surprise à l'aide de quelque chose.
SÉV.: « Il y a aux Rochers dix allées que vous ne connaissez pas ; et mon fils me doit d'un parterre et de deux places nouvelles »
SÉV.: « Nous jouissons, avec plaisir, des belles vues dont nous sommes surprises à tout moment »

 12   Saisir trop vivement, en parlant du feu. Le feu a surpris cette viande, cette pâtisserie.

 13   Se à, v. réfl. Manifester tout à coup, par un mouvement dont on n'est pas le maître, le sentiment sous l'empire duquel on se trouve. Je me suis surpris à pleurer comme un enfant.
LA BRUY.: « La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les petitesses où je me surprends »
DIDER.: « Combien de fois ne me suis-je pas surpris.... criant.... »

 14   Se prendre l'un l'autre sur le fait de quelque chose.
COMTE DE CAYLUS: « Ils [deux amants] se cherchaient à leur ordinaire ; mais ils se surprenaient occupés d'autres choses que d'eux-mêmes »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. p. 106: Dedens [il] la jette [son épée], car la mort le sosprent
     Couci, XVII: Doucement [je] sui engigniez et soupris ; Car, s'ele veut, longuement serai pris
    XVIIème siècle
QUESNES: « Vostre grant beautés entiere M'a si sorpris Que, se j'ere en paradis, J'en reviendroie arriere.... »
AUDEF. LE BAST.: « [Je] Ne puis sur piés ester, tant sui sosprise et vaine : à cest mot [elle] chet pasmée sans vois et sans halaine »
VILLEH.: « Si les seurpristrent si que cil du casal n'en sorent mot devant ce qu'il en orent assez ocis »
     Psautier, f° 96: Comme hom bevanz et seurprins par vin
     Édouard le conf. v. 3494: [Ils] Dutent maufez [diables], male tempeste, Et du desert meinte aventure, Si surprent les la nuit obscure
     ib. v. 3635: La nuit de nuel [noel] le surprent Une fevre [fièvre] ki mult l'esprent
     Chr. de Rains, p. 6: Il furent si souspris qu'il n'orent pooir d'eus deffendre
J. DE MEUNG: « Tu e il nous devez des leus [loups] d'enfer deffendre, Qui adès nous aguetent pour nos ames sousprendre »
    XVIème siècle
MONT.: « Un quidam delibera de ma maison et moy »
MONT.: « Plusieurs bestes ont un soin extreme de tout ce qu'elles peuvent, et de le curieusement cacher »
AMYOT: « Le tyran Amulius fut surprins en son palais et tué »
AMYOT: « Marcellus, sans aucune necessité urgente, sans celle fureur et ardeur qui surprent quelquefois les hommes vaillans au milieu du combat, s'alla.... »
AMYOT: « ... de quoy Clitus, qui estoit desja un peu surpris de vin, se courroucea encore d'avantage »
CHARRON: « On dit que l'homme surpris est à demi battu »

ÉTYMOLOGIE
    Sur 1, et prendre ; provenç. sorprendre. sosprendre, sobreprendre ; ital. soprapprendere. Quant au sens de tromper, il est très ancien, et appartient au bas-latin : Si quis consortem suum superpriserit, Lex Rip. p. 117, ? 2.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Prendre.") Prendre quelqu'un sur le fait, le trouver dans une action, dans un état où il ne croyait pas être vu. "Surprendre un voleur qui force un secrétaire. Je l'ai surpris à me dérober de l'argent. On l'a surpris en faute, en flagrant délit. Je l'ai surpris lisant la lettre qu'il disait n'avoir pas reçue. Je l'ai surprise mettant du rouge."
Il signifie communément, Prendre à l'improviste, au dépourvu. "Nos gens ont surpris l'ennemi. La ville a été surprise. J'ai été le . Le sage n'est jamais surpris par les événements."
Il se dit également De toutes les choses auxquelles on ne s'attendait point. "La pluie nous a surpris. La nuit nous surprit en chemin." Il se dit le plus souvent Des choses désagréables, et qui traversent nos desseins.
Il se dit particulièrement D'un mal qui arrive d'une manière subite, inopinée. "Il a été surpris d'une attaque de goutte. La mort le surprit au milieu de ses projets, au milieu des plaisirs."
Fig., "Le feu a surpris cette viande, cette pâtisserie," Un feu trop vif l'a brûlée avant qu'elle fût cuite.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Tromper, abuser, induire en erreur. "Défiez-vous de cet homme, il ne cherche qu'à vous . Ce discours est captieux et propre à . Il s'est laissé à cet air de candeur, par cet air de candeur, à ces promesses, par ces promesses. Surprendre la bonne foi, la crédulité, l'ignorance de quelqu'un. Il a surpris la justice de ses juges, la religion de ses juges."
Il signifie encore, Obtenir frauduleusement, par artifice, par des voies indues. "Il a surpris mon consentement, ma signature. Il m'a surpris un consentement que j'étais décidé à lui refuser. Il a surpris un privilége, une autorisation. On surprit des lettres au sceau."
"Surprendre des lettres," Les prendre furtivement, les intercepter. "Une lettre adressée à un des conspirateurs fut surprise."
"Surprendre la confiance de quelqu'un," La gagner par artifice. "Surprendre le secret de quelqu'un," Découvrir son secret par adresse ou par hasard.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois en parlant Des actions, des gestes qui échappent à quelqu'un, et qui font connaître sa pensée malgré lui. "J'ai surpris ses soupirs, ses larmes qu'il voulait me cacher."
Il s'emploie, dans un sens analogue, avec le pronom personnel. "Je me suis surpris à pleurer comme un enfant. Je me surprends à rire de ses bouffonneries."
"Surprendre à quelqu'un, chez quelqu'un un moment de faiblesse," Apercevoir en lui un moment de faiblesse.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore dans le sens d'Étonner. "Cette nouvelle m'a extrêmement surpris. Cette conduite me surprend. Vous me surprenez beaucoup en me disant cela. Je fus bien surpris de sa réponse. Ne surprenez pas votre cheval; que vos mouvements soient suivis."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

SURPRENANT, ANTE, adj. SURPRISE, s. f. ["Sur-prandre", "prenan", "nante", "prîse:" 2e lon. au 1er et au dern. "e" muet au 2d et au 3e, dont la 3e est longue.] "Surprendre" a divers sens: 1°. Prendre quelqu'un sur le fait: '"Surprendre un" voleur, qui crochette une porte. 'Séparons-nous: je crains qu'on ne "nous surprenne" ensemble. "Dest."
- 2°. Prendre à l'imprévu, au dépourvu. 'On "surprit l'"énemi, qui n'était pas sur ses gardes":" la ville "fut surprise:" le Sage "n'est" jamais "surpris". = On dit, par extension: la nuit "nous surprit"; la pluie "nous a surpris".
- 3°. Étoner: 'Cette nouvelle "m'a" extrêmement "surpris". 'Vous ne pouviez "me " plus agréablement. "Dest." '"J' ai été surpris de" sa hardiesse: je "fus surpris de" le "trouver" si abatu: Je "suis surpris que" vous "l'ayiez trouvé" en si mauvais état. = "Remarquez" qu'on met l'infinitif, quand le verbe régi se raporte au nominatif de "surprendre", et "que" avec le subjonctif, ou "de ce que" avec l'indicatif, quand il ne s'y raporte pas. 'Vous "serez" sans doute "surpris de ce que" l'Auteur... "se taise" sur l'excellent abrégé, "etc." L'Abé "Grosier". Je crois qu'il faut dire, "que" l' Auteur "se taise", ou "de ce que" l'Auteur "se tait", etc. 'On "sera" peut-être "surpris qu'"en un pays où il y a d'excellens raisins, on ne "se sert" que d'hydromel. "Poncet". Voy. D'ÉTHIOPIE. Dites":" "qu'on ne se serve", etc. 'Je ne "suis" pas "surpris qu'"aujourd' hui tant de gens en "veulent" au Pape. "Neuville". C'est peut-être une faûte d'impression. Il faut, "de ce que" tant de gens "en veulent", ou "que" tant de gens "en veuillent", etc. = "Être surpris de voir" quelqu'un, et "être surpris en le voyant", ont des sens bien diférens. Le 1er signifie, qu'on ne s'atendait pas à le voir; le 2d, qu'on remarque dans lui quelque chose d'extraordinaire. C'est l'observation judicieûse de l'auteur d'une critique de "la Princesse de Clèves", sur cette phrâse, où l'on dit de M. "de Nemours": 'Ce Prince étoit fait de sorte qu'il étoit dificile de "n'être pas surpris de le voir" (en le voyant) "quand on ne l'avoit jamais vu". Dans le 1er sens, la phrâse est ridicule. "Rem." VOLT. dit, "rendre surpris", pour, "surprendre".
   De votre esprit la naïve justesse
   "Me rend surpris" autant qu'il m' intéresse.
       "Nanine".
Si le vers l'avait permis, il aurait dit, "me surprend".

- 4°. Tromper. 'Défiez-vous de cet homme, il "vous surprendra".
   ..Ce jeune homme, à ne rien déguiser,
   Si j'y veux consentir, m'ofre de m'épouser
   En secret. - - - - En secret, il cherche à vous .
       DEST. "Le Glor."
= "Surprendre", "tromper", "leurrer", "duper", (synon.) Faire doner dans le faux, est l'idée comune, qui rend synon. ces quatre mots: mais "surprendre", c'est y faire doner par adresse";" "tromper", c'est y faire doner par déguisement";leurrer", c'est y faire doner par les apâs de l'espérance. "Duper", c'est y faire doner par habileté. Il semble que "surprendre" marque plus particulièrement quelque chôse qui induit l'esprit en erreur; que "tromper" dise nettement quelque chôse, qui blesse la probité ou la fidélité; que "leurrer" exprime quelque chôse, qui ataque directement l'atente ou le desir; et que "duper" ait proprement pour objet les chôses où il est question d' intérêt ou de profit. GIR. "Syn."
   SURPRENANT ne se dit que dans le 3e sens: qui surprend, qui étone: discours "surprenant", action, nouvelle "surprenante". 'Elle était d'une beauté "surprenante". 'Les "surprenans" bienfaits. "Mol." En prôse, on dirait, les bienfaits "surprenans".
   SURPRISE, action par laquelle on surprend. 'Il s'est rendu maitre de cette place "par surprise". 'Il s'est servi de "surprise", autant que de force. "Académie". 'À~ la guerre, il faut craindre "les surprises", et ne pas trop tenter la fortune. "Cic. à Atticus". MONG. = Étonement. 'Cet accident a causé "une" grande "surprise": tout le monde a été dans "une surprise" inconcevable. Voy. ÉTONNEMENT. = "Surprise", "admiration:" il y a bien de la diférence entre ce qui "surprend" et étone, et ce qui se fait "admirer". On "est surpris" du nouveau, du singulier: on "admire" le beau, le grand. "La surprise" n'est qu'un moûvement passager";l' admiration" peut durer toujours. Il y a "une admiration" tranquile, qui n'est pas moindre pour cela. "L'Abé Trublet". = Tromperie, erreur. En ce sens, a-t'il un sens actif ou passif"?" Se dit-il de celui "qui surprend", ou de celui "qui est surpris"? Ne dit-on pas, "les surprises que vous m'avez faites"? Il serait donc actif. M. "Linguet" lui done un sens passif, dans la phrâse suivante. 'La cassation est une ressource que le Législateur a ménagée à la Justice contre "les surprises des" hommes apelés à l'administration en dernier ressort. La cassation n'est pas une ressource contre "les surprises des" Juges; mais contre "les surprises faites aux" Juges. M. "Linguet" le dit ainsi âilleurs: 'L'état, l'honeur des Citoyens ne dépendroient donc plus de leur inocence, mais des "surprises faites au" Parquet. "L'Académie" dit":" Il faut se garder des "surprises des" chicaneurs. Là, le sens est actif; mais je ne crois pas que l'usage admette "surprise" avec ce régime. = "Bourdaloue" dit, "par surprise", avec le sens passif. 'Il s'étoit égaré "par surprise"; c. à. d., "parce qu'il avait été surpris", trompé. Je crois qu'on peut dire en ce sens, "par surprise", comme on dit, "par erreur;" mais ce n'est pas une conséquence pour le régime de la prép. "de", employée dans les phrâses citées plus haut.




Emplacement dans le dictionnaire :

surpayer
surpente
surpeupler
surplis
surplomb
surplombement
surplomber
surplus
surprenant

surpris
surprise
surréaliste
surrénal
sursaturer
sursaut
sursauter
sursemer
surseoir
sursis
surtaxer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...sentait qu'elle était là tout près, dans un petit village du pays breton, sous ce même crépuscule d'hiver qui l'enveloppait, lui ; encore deux ou trois jours, et, avec une grande joie, il irait la surprendre et l'embrasser. Les secousses de la mer, la vitesse et le vent, rendaient incohérentes ses pensées qui changeaient. Maintenant il s'inquiétait de retrouver son pays sous un jour si sombre. Là-bas,...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...Et, la frégate qu'il commandait étant rentrée dans le port un peu plus tôt qu'on n'avait supposé, je le vis de ma fenêtre un beau soir, qui revenait chez lui, seul, se hâtant dans la rue pour surprendre son monde... il arrivait de je ne sais quelle colonie éloignée après deux ou trois ans d'absence, et il me parut qu'il n'avait pas changé d'aspect... on rentrait donc au foyer tout de même ! Elles...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...partout, comme niée par la maxime contraire, qui nous commande de réaliser tous un même idéal et qui est loin d'avoir perdu toute son autorité. Sans doute, en principe, ce conflit n'a rien qui doive surprendre. La vie morale, comme celle du corps et de l'esprit, répond à des nécessités différentes et même contradictoires ; il est donc naturel qu'elle soit faite, en partie, d'éléments antagonistes qui se...


Citation n°4 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...Là, ce n'est pas l'élevage du renne, ni la pêche dans les fiords qui subviennent à l'existence : mais les grands mammifères marins, qu'il faut, l'été, poursuivre au large, ou, pendant l'hiver, surprendre dans les trous de glace où ils viennent respirer. Pour subvenir au vêtement, à la nourriture, à l'abri, à l'armement, au transport, rien que les peaux, les défenses ou les os, l'huile de ces animaux...


Citation n°5 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)

...mais vraiment pas mauvais : dans les plus fortes angoisses de la vie de société et surtout dans les réveils de nuit, se raidir et prononcer une phrase, un raisonnement préparés à l'avance. Cela peut surprendre, mais ces angoisses sont le résultat d'une force qui tourbillonne en nous (souvent un afflux de sang au cerveau). Il s'agit de l'utiliser, cette force ; il faut ordonner un cerveau désordonné. Deux...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...